07/06/2020

Résilience Rurale : Partie 1 sur 3 du comment se créer un avenir à la campagne



Mouton Thône et Marthod - "Le Fil du Rouet" Marie-Françoise, la ...


Les basiques du petit élevage dans l’objectif de la résilience rurale


Grâce à eux, vous pourrez devenir auto-suffisant sur le plan alimentaire et nourrir votre famille, vous pourrez troquer, consommer, et aussi avoir du plaisir chaque jour à leur contact. Article publié sur lafermedegaia.net mais qui relève à mon sens des évidences de notre préparation au monde de demain !

Cette expérience, menée à ce titre (expérimental) il y a maintenant 12 ans, touche à son terme heureux. Ma petite ferme est désormais en mesure de produire raisonnablement ses œufs et sa viande, n’en déplaise aux Végans. Est-ce cruel de consommer de la viande ? Oui d’une certaine façon et j’aimerais personnellement m’en passer ….. Mais voilà, 11% de récession et un monde en crise morale, financière et ethnique avec un secteur géopolitique où chacun chasse le covid avec plus d’ardeur qu’un puceau va courir au Dahu, me donne à penser que manger des bons petits plats bio, végans, équilibrés et gourmands, risque de devenir compliqué face à d’évidentes pénuries (ou prix prohibitifs).

Alors que vaut-il mieux ?


 Un petit rappel diététique pour commencer !


L’être humain consomme de 1800 à 2500 cal par jour et par personne. Omnivore (et non herbivore, donc non capable de transformer la cellulose de la même façon qu’une vache ou un cheval), il va avoir besoin d’un minimum de 45 grammes de protéines pures par jour.

Les experts : Spécial diététique

45 grammes de protéines pures, c’est, 120 grammes de viande, 1 ration de fromage et encore un yaourt. Si vous virez les produits laitiers, il vous faudra sans doute 150 grammes de viande. SI vous virez la viande, il vous faudra beaucoup de produits laitiers, peut-être trop pour digérer le lactose. Les œufs pourront par contre se substituer confortablement à tout ou partie ….

Mais si vous préférez les protéines végétales, il vous faudra, par personne, environ l’équivalent de 450 grammes de légumineuses (lentilles par exemple, ou fèves) cuites ….. Sacrifier une partie des protéines reste possible. Faites en, comme moi l’expérience ! Mais après un certain temps d’efforts physiques, la fatigue s’installe. Car les protéines constituent une source d’énergie de grande qualité.

Point de vue légumes verts, 100 grammes d’une délicieuse salade ne rapportent que 14 cal ! avec 100 salades dans votre journée vous resterez encore mal nourri. Mais la salade a d’autres arguments que l’énergie, les fibres, les minéraux, les précieuses vitamines.

Restent enfin les glucides faciles à assimiler : pommes de terre par exemple, céréales en général, à 4 cal pour 100 grammes de produit sec. Et les lipides pour 9 cal dans 100 grammes de produit sec.
Les lipides constituent notre carburant « prêt à stocker » ou facile à consommer et l’aliment numéro 2 (après les glucides) de notre système nerveux en bonne partie lipidique lui-même. Au point qu’une privation durable en lipides (en cas de régime par exemple) est souvent à l’origine de dépressions nerveuses qui associent la carence elle-même à un mauvais moral accru par les privations.

Vous trouverez vos lipides de façon aisée dans les œufs et la viande, mais aussi dans les oléagineux : noix, amandes, noisettes etc….. Et que vous pourrez presser pour en extraire l’huile (qui, en version non industrielle, se conserve mal ou rancit très vite). L’agro-industrie vous propose des huiles végétales : colza, tournesol par exemple, mais en cas de faillite du système, elles deviendront moins accessibles.

Enfin, le régime Végan, bien qu’éthiquement défendable, vous imposera sans doute, pour pallier à votre nature omnivore, de complémenter votre alimentation en vitamines spécifiques, telles la B12 par exemple, la D, et micronutriments essentiels comme le fer, le zinc, calcium (assimilable), et dans une moindre mesure l’iode. Cette complémentation reste aujourd’hui facile et accessible. Demain est une autre histoire.


La question de l’éthique :



Nous avons tous en tête les horreurs des vidéos de l’association L214, et il va de soi que la barbarie des abattoirs industriels ou des élevages de grande taille reste une monstruosité. Un animal est un être vivant et conscient qui ne devrait jamais avoir à souffrir.

L214 : les images les plus insoutenables de la souffrance animale

Les photos de la honte :(

Manger de la viande me pose problème, mais il en va de ma survie. Et celle de mes enfants.
Alors le moins que nous puissions faire est d’offrir une vie intéressante à nos animaux dits « de rente » ainsi qu’une mort digne et sans souffrance, ce qui est facile.

L’excès de consommation reste inutile et à mon sens non digne et je déteste par-dessus tout ces imbéciles heureux qui clament haut et fort qu’ils sont des « viandards » et qu’il leur en faut 2 portions par jour, là où une seule est nécessaire. Sans compter avec l’emprunte carbone de la viande …. Nettement supérieure à celle des céréales.

A cause de ces excès culturels ou ludiques, nous devons produire vite et à faible cout une viande qui n’a été créée que par transformation de céréales voir pire, soit de farines animales qui facilitent la croissance rapide des animaux destinés à être consommés.

Fini donc le petit lapinou élevé à l’herbe cueillie chaque matin. La lapine industrielle qui est élevée pour répondre à d’excessives demandes, produit 8 portées par an (à l’issue de quoi elle est réformée), nourries 100% aux granulés dans des cages étroites pour une durée qui n’excède pas 3 mois en général (idem les poulets d’ailleurs).

Entre excès consumériste viandard et abstinence végane, je prône la voie du milieu : une consommation raisonnée, légitimée par des besoins réels, et s’inscrivant dans une démarche saine et respectueuse.

Je ne commente pas les abattages culturels par conviction et autres égorgements ... étant vraiment tout à fait contre.


Alors quels sont les élevages à développer de façon individuelle ?


Quels sont ceux à éviter pour commencer ….
·         La chèvre, parce qu’elle se sauve, fugueuse et grimpeuse hors pair.
·         La vache, car elle nécessite environ 2 hectares par animal, et obéit à des contraintes administratives importantes (et couteuses), sans compter l’obligation d’entretenir un taureau (sauf insémination artificielle)
·         La poule ornementale : pas toujours bonne pondeuse car non sélectionnée à ce titre
·         Attention à l’oie : elle pond peu et mange beaucoup si elle ne dispose pas d’un parc d’herbe, sa croissance est lente et les oisons sont fragiles
·         Le canard reste un bon plan, mais les œufs de la canne sont vite perméables, attention donc à la contamination


Quels sont ceux qui me semblent accessibles
·         Le lapin, à condition de prévenir les maladies comme le virus hémorragique, soit en dédoublant son élevage, soit en vaccinant
·         Le mouton, avec une gestion des parasitoses (ce qui reste facile pour le moment)
·         La poule, avec la gestion des coccidioses et des poux rouges (parfois compliqué), pour ses œufs et sa viande à l’issue, les œufs constituant une formidable source de protéines et lipides.


L’élevage est-il une fin en soi ?

Certainement pas, l’autonomie rurale et résiliente n’est pas synonyme d’autarcie (il vous faudra donc encore faire avec la société et ses règles) et l’élevage n’est que l’un des piliers de votre autonomie, mais pas le seul ! Le maraichage est inévitable, ni plus simple, ni plus facile et il restera à traiter le  troisième pied du tabouret : vos besoins hydriques et de chaleur, ainsi que le traitement de la bobologie. Les 2 autres pieds du tabouret feront l’objet d’autres articles.
Le tout s’inscrira sans doute dans une démarche de vie en village ou en regroupements communautaires.



1 LE LAPIN

Lapin Géant Papillon Bleu--- Le Géant Papillon Français est à l ...
Le lapin géant papillon - star des élevages domestiques

Bien que je n’ai pas eu le temps de mettre à jour ma page sur le site de la petite ferme, je vais rapidement regrouper les basiques pour vous donner l’occasion de démarrer éventuellement votre propre expérience.

Le lapin vit en clapier. L’idéal reste le clapier béton qui résiste au temps et à l’urine, mais il vous est possible d’en acheter d’occasion (neuf c’est assez cher, rien à moins de 500 euros) ou de bricoler quelque chose (il existe de nombreux tutos sur le net). La lapine suitée nécessitera 2  fois plus de surface qu’un lapin seul. Reproduire des lapines ensemble et avec un mâle, le tout dans un grand espace, est très très aléatoire. Reste que les rats peuvent attaquer les petits dont la mère ne s’occupe que 2 fois par jour environ.

Le lapin est sexuellement mature vers 8 mois. La saillie est très rapide, le mâle tombe raide à coté de sa lapine en émettant un grognement révélateur, signes d’une saillie complète. La lapine porte 28 à 33 jours environ et fait une portée de 5 à 9 petits qu’elle allaite 2 fois par jour pendant 6 à maxi 8 semaines, après quoi il est temps de séparer les petits et de les élever, là c’est possible, dans un boxe par exemple, jusqu’à l’âge de 3 à 6 mois pour consommation éventuelle.

La naissance fait suite (de 24 à 48 heures) à la construction d’un nid douillet et important (donc visible) en poils que la lapine s’arrache avec soin.

La mortalité avouée (par les pros) des petits lapins est de 25 à 50%, par écrasement (la mère) bien souvent, mais aussi parce que le système digestif reste fragile et que le moindre écart alimentaire peut les tuer. Reste que les accidents de naissance ne sont pas rares et que certaines lapines mangent leurs petits, non par méchanceté, mais soit parce qu’elles se sentent stressées, soit, le plus souvent, parce qu’elles consomment leur placenta et les petits avec, soit, plus rare, parce qu’elles sont carencés ou n’ont pas de lait.

Vous pouvez les nourrir à l’herbe, dont 10 à 25% de légumineuses (trèfle, luzerne), Berce spondyle (très appréciée) et plantes sauvages telles que le pissenlit, la carotte sauvage, ou l’ortie séchée (pas fraiche, ça pique). Un 100% pissenlit va très bien. Les adultes supportent et transforment très bien une poignée d’orge par jour, mais les petits ne la digèrent pas.

En période faste et pour gagner du temps, les granulés propres pour lapins sont parfaitement dosés.
Dans tous les cas, il vous faudra ajouter une très grosse poignée de foin (soit 4 fois le volume de votre main) par animal et par jour pour son grignotage et ses dents.

Une lapine peut faire 4 portées par an sans trop de fatigue et ce pendant 4 ans grand maximum. Beaucoup se limiteront à 2 années de production.

Le nettoyage des clapiers doit être régulier et il est possible de mettre de la paille ou du copeau comme substrat. Attention à la consommation accidentelle de substrat.

La production de lapins n’est économiquement rentable qu’avec de l’herbe, donc du travail. Sinon le prix de revient restera inférieur à celui du commerce, mais non négligeable. Reste la vente ou le troc possible.

Le souci majeur du lapin reste sa fragilité par rapport aux maladies mortelles qui sévissent encore de nos jours comme le virus hémorragique (VHD) qui tue sans prévenir en 24 heures. La seule solution reste la vaccination (vaccins vendus par 50 doses après bilan sanitaire, souvent gratuit lui, chez le vétérinaire spécialisé animaux agricoles). Prévenir le VHD hors vaccination reste compliqué : 2 clapiers distants et ne pas garder les animaux destinés à la consommation plus que le temps de leur croissance. Mains propres entre 2 soins ou manipulations.

Pas de miracle « Lapin », mais un complément que les vieux agriculteurs affectionnent. Avec un peu de travail et de savoir-faire, vous obtenez une viande presque gratuite et de grande qualité. L’abattage propre et sans douleur peut se faire avec un instrument spécial (appelé le matador) vendu sur les sites spécialisés ou avec un coup de carabine à plomb sur un point au centre d’un X formé entre les yeux et la base des oreilles.

Le lapin ne se manipule pas par les oreilles (ça peut lui briser la nuque), mais par la peau du dos, en 2 prises : une au niveau des omoplates et la suivante juste derrière.


2 LA POULE

Poussin de reproduction maison


Quel merveilleux animal qui, grâce à ses œufs, nous permet de manger sans lui faire de mal pendant longtemps. Vous trouverez sur le site de la fermedegaia.net toutes les informations sur la détention, alimentation et reproduction de la poule. Ayant longtemps pratiqué, au titre du plaisir et de la photo, l’élevage des poules ornementales, c’est un domaine que je connais bien.

Il existe traditionnellement 2 souches de poules :
  • ·         Les pondeuses (dont la ponte doit être d’environ 200 œufs par an)
  • ·         Les races à viande, plus lourdes et qui pondent moins (quoi que)

Je travaille avec un croisement des deux car je trouve que les races dites pondeuses s’allègent dangereusement. Le croisement le plus réussi que j’ai fait en matière de production d’œufs reste le Rhode island sur de la Sussex. Le résultat est une poule rousse efficace.

La poule peut vivre jusqu’à 8 ans, voire plus, mais sa ponte se limite souvent aux 4 premières années. La couvaison n’est pas automatique, elle ne se déclenche souvent qu’au printemps, en Avril ou Mai. Un coq n’est pas nécessaire pour avoir des œufs, mais seulement pour qu’ils soient fécondés. Les coqs posent de nombreux problèmes de voisinage.

La poule est sexuellement mature à partir de l’âge de 6 mois et commencent alors à pondre. Les premiers œufs sont petits et une poule qui fait de gros œufs est une poule plus ancienne. Les poules vendues « prêtes à pondre » ont donc 6 mois et ont atteint leur taille adulte.

Les œufs peuvent être couvés, pour la reproduction, ou incubés artificiellement à 37,5°C pendant 21 jours. A l’issue de quoi vous avez une portée de poussin constituée de 50% de futurs coqs.
Les poussins sont sensibles à la coccidiose et font l’objet de prédations prévisibles : corbeaux, oiseaux de proies et surtout, surtout les rats !

La coccidiose peut être prévenue avec une eau vinaigrée à 2% et les poussins doivent être rigoureusement enfermés pour le reste. Les agriculteurs les élèvent souvent en clapiers lorsqu’ils sont issues d’incubateurs. Il leur faudra une alimentation moulue finement et un réservoir d’eau spécifique à cause du risque de noyade.

La poule a besoin d’une alimentation diversifiée et riche en protéines. Dans la nature, et sur son parcours, elle consomme des insectes et des vers. Chez vous, une base de céréales et/ou de déchets alimentaires adéquats fera l’affaire si elle a un parcours suffisant. A défaut de parcours, un complément protéiné sera nécessaire (soja non OGM par exemple).

Naturellement porteuse de coccidies, la poule les développe de façon pathologique en cas de fatigue ou de stress. De l’eau vinaigrée à 2% régulièrement permettra de limiter le processus. Les vecteurs étant les oiseaux sauvages, il vous sera difficile de vous en débarrasser comme en élevage industriel.
Mais votre pire ennemi restera sans aucun doute le pou rouge !!!! Habitant installé des abris en bois, il loge dans les lattes et se développe par milliers en consommant le sang des poules (d’où sa couleur) qu’il parasite. Il tue en 24 à 48 heures d’attaque. La poule s’anémie (crête pâle), s’affaiblit, cesse de s’alimenter et meurt. Le pou rouge se développe aux premiers beaux jours.

Il n’existe que 2 solutions :
  • ·         La chimie lourde (sur tous les lieux de vie)
  • ·         La terre de diatomée (répandue dans tout le poulailler)


Pour éliminer les poux rouges d’un endroit infesté, il vous est possible de passer rapidement le chalumeau sur vos boiseries. Reste qu’un poulailler en béton peut être passé au karcher, mais les poux sont capables de se loger dans le moindre recoin.

Votre poulette commence à pondre activement dès que la température extérieure remonte (fin Mars ?) et ralentit dès que les conditions de vie ne sont plus optimales : trop chaud, trop froid …. Elle fait une pause hivernale et votre récole d’œufs sera considérablement ralentie à partir de Novembre.
La vieille poule terminera au pot.

La poule est un animal étonnant et productif, là aussi très présente chez les anciens, ce qui en dit bien assez sur l’évidence des poules en ruralité résiliente. Il est impossible, pour un particulier, de vacciner les poules. Les vaccins se vendent par doses de 1000 et le parcours vaccinal est imposant. Les poules sont sensibles à leurs propres virus, comme la maladie de Marek, mais les cas sont rares et toujours véhiculés par les oiseaux sauvages.


3 LE MOUTON

Peut-on faire bronzer un mouton ? - Ça m'intéresse
Beau mâle de race à viande, sans doute Charolais, non tondu depuis 2 saisons au moins


Le mouton a une durée de vie de 12 à 15 ans, mais vous ne l’exploiterez pas nécessairement aussi longtemps que ça. Moins fugueur que la chèvre, il est également plus craintif de l’homme et donc moins facile à manipuler. Contrairement à la vache, il se contente de moins d’espace et de plus de rusticité, ce qui en fait un allié des conditions modestes que peut lui offrir le particulier dans le cadre de la ruralité résiliente.

Très pratique en montagne, dans les « alpages », il se contente d’une herbe modeste et mange un peu tout ce qui traîne, écorces des arbres et ronces comprises – protégez donc vos fruitiers ! Rustique à la base, il savait vivre au froid ou à l’humidité et craignait plus le soleil d’été que la neige.
Il faudra néanmoins compter avec une bergerie pendant les mois d’hiver et les jours de pluie où il cherchera à s’abriter.

Les brebis non traitées hormonalement sont en chaleur entre Juillet et Novembre et portent 5 mois avant de mettre bas un, voire 2 (mais parfois 3 à 4 chez certaines races, comme la Noire du Velay) agneaux/agnelles (50/50) qui seront sevrés vers l’âge de 3 mois, mais qui suivent parfois leur mère pendant les 6 premiers mois. Le jeune est sexuellement mature à l’âge de 8 mois, souvent pertinent l’année suivante entre 10 et 12 mois.

Les brebis dites « désaisonnées » mettent bas 2 fois par an : Mai et Novembre. Mais leur exploitation sera raccourcie, ainsi que leur durée de vie. Le fait se produit aussi de façon naturelle.

Il existe 2 souches de moutons :
  • Les races à viande (comme la Charolais, le Suffolk, le Texel), avec un bel adulte à 80 kilos dont 30 de viande
  • Les races à lait (comme la Lacaune), jusqu’à 3 litres de lait quotidien !!!

J’utilise personnellement des races dites mixtes et rustiques sur 3 souches à la maison
  • ·         La Manech à tête rousse
  • ·         La Manech à  tête noire
  • ·         La Thones et Marthod

Toutes les 3 issues des montagnes et capables de produire raisonnablement 1,5 litres par jour de lait. Je les recroise dès 2020 avec un excellent bélier Charolais/suffolk qui va me faire perdre en lait sur une génération, mais gagner en viande.

Le mouton mange de l’herbe (dont 25% potentiellement de légumineuses) ! Mais, « confiné » il acceptera un régime de foin complété par des céréales en mélange : luzerne/orge aplatie/maïs/ensilage de maïs. Personnellement et à cause du risque « d’acidose » puis « d’entérotoxémie », je limite l’apport de céréales à 500 grammes par moutons et par jour, le foin restant à volonté. Le mouton est gourmand : ne pas se laisser avoir par ses cris incessants pour avoir plus de céréales …. Un accès accidentel à la réserve peut le tuer.

La mise à l’herbe et les parasitoses peuvent déclencher une sorte de super gastroentérite : l’entérotoxémie, qui le tuera en quelques heures. Il est donc indispensables, d’une part de sélectionner des souches rustiques, d’autre part de gérer l’alimentation et les parasitoses par des analyses de crottes, puis du traitement ad hoc.

Le bélier qui reste avec son troupeau exercera un peu de surveillance et sera moins agressif que le bélier tenu isolé et lâché uniquement en période de repro. Mais tout ça se discute en fonction des objectifs, notamment si l’on souhaite « désaisonner » ses brebis pour doubler sa production.

Traditionnellement, les jeunes mâles finissent en « merguez » et les femelles agrandissent le troupeau ou sont vendues. La génétique imposera de faire tourner ses béliers. Le mouton peut être abattu proprement par un chasseur ou un tireur agréé avec une balle de 22 au milieu du front.

Son lait permet de faire un délicieux fromage ou un biberon pertinent, sa viande est gouteuse, même si tout le monde n’aime pas son odeur caractéristique. Un spécimen adulte « lambda » produit 20/25 kilos de bonne viande qu’il faudra tout de même conserver (donc savoir conserver). Il n’est donc pas étonnant de voir des moutons chez de nombreux petits agriculteurs !

Le mouton craint le loup et l’homme qui le vole assez facilement …. Le chien s’impose vite dans l’installation, mais ceci est un autre débat. Reste à savoir conduire le troupeau lorsqu’il change de domicile.

4 QUELS MOYENS POUR FAIRE TOUT CA


Avec le budget de 2 mois de clopes vous avez vos lapins et l'habitat !
Avec encore 2 mois de clopes vous avez acheté vos moutons
Et avec 1 mois de clopes toutes vos poules ....

C'EST QUOI L'ARGENT ? > 1,2,3... Richesse


OK, je caricature, mais cela n'est ni impossible, ni compliqué. 1 beau lapin reproducteur de 6/8 mois vaut 45 euros, 1 beau mouton  de 12 mois 100 euros, une poule de 6 mois est vendue 12 euros en coopérative agricole (bien plus en jardinerie). Tous font l'objet d'assez peu d'arnaques pour le moment, mais les choses risquent de changer dans les mois à venir ....

Reste qu'il vous faut une petite propriété agricole : 6 poules, 3 moutons et 4 lapins, c'est 2 000 m²  avec un complément de foin, mais si vous avez moyen de trouver une grande surface prêtée par la commune, genre estive ou bord de fleuve (inondable en hiver).

Dans les faits il reste la problématique des terres inutilisées : il y en a énormément dans tous les villages : petits terrains communaux, souvent minuscules, et qui pourraient largement nourrir des moutons pour quelques semaines par ci ou par là, ou encore servir de petit potager. Alors peut-être que dans un temps futur il sera possible, pour aider, d'y accéder. Reste aussi les terrains privés en friche, mais dont les propriétaires refusent l'accès car ils craignent (à juste  titre) de ne jamais pouvoir les récupérer ..... On ne peut pas leur en vouloir !

Est-ce qu'une maison à la campagne coûte cher ? Npn, pas toujours .... à 60.000 euros, voir moins, vous trouverez une maison sans déco avec juste les basiques, mais en faut-il toujours plus ? Vous la réhabiliterez dans le temps et irez vers un peu plus d'autonomie alimentaire.

Ceci dit la petite ruralité résiliente demande un paquet de travail, inutile d'espérer donc trouver des vacances à l’œil en pariant sur un retrait social avantageux.




Voilà pour ce premier article d’une trilogie qui vous donnera de quoi réfléchir à la vie de demain. Prenez par contre conscience du fait que l’élevage ou le maraichage, mais en amateur éclairé, demande une grosse part de travail qui doit vivre avec une bonne dose d’incertitude ! Ce à quoi nous ne sommes plus habitués !

3 commentaires:

  1. Très beau blog!!!
    la permaculture date des années 70, et, la difinition est australienne. Leur manque d'eau les a poussé à étudier la nature et la coabitation avec l'homme, pour trouver des solutions peu honéreux. La Forêt-Jardin date des années 80. bien entendu, nos ancêtres maitrisaient leur environnement et nos ancêtre celte partiquaient l'élevage et chassaient peu.
    Ce savoir perdu vas devenir très improtant pour nous et nos générations. Merci à vous !

    Dieu en soit Garde

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  2. Elisabeth, je ne me lasse pas de vous lire ! Cela fait quelques années que je vous ai découverte dans le blog survivre au chaos. Votre raisonnement est plein de bon sens et de justesse, et votre style d'écriture est impeccable ! Continuez, continuez, continuez !!!

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    1. Merciiiiiii cher inconnu, à vous et à tous ceux qui m'ont laissé ces très chouettes messages ! Je viens juste de comprendre comment répondre via mon manager ..... Oui je suis une quiche sur le net :) Très bonne journée

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